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Expérience ou matériel: qu'est ce qui vous rend le plus heureux?

4 avril 2019

« Le voyage est la seule chose que l’on achète et qui nous rend plus riche »

Cette citation d’un auteur inconnu résume bien l’étude (2003) menée par Thomas Gilovich et Leaf Van Boven, tous deux professeurs et chercheurs en psychologie sociale, qui conclut que vivre des expériences rend plus heureux que de posséder des biens matériels. Voici pourquoi.

Les expériences améliorent nos relations

Que l’on voyage seul ou accompagné, il est inévitable que les interactions sociales feront partie de votre aventure. Que ce soit en se liant d’amitié avec un parfait inconnu ou en apprenant à mieux connaître vos proches, ce que vous vivrez avec les gens risque de marquer votre périple. Ces interactions, aussi brèves soient-elles parfois, viendront assurément enrichir votre bagage personnel. Ces bienfaits sont beaucoup moins signifiants lorsque vous prenez possession d’un bien matériel, même si ce dernier était très convoité.

De plus, à votre retour de voyage, vous aurez envie de partager vos péripéties à ceux qui voudront bien l’entendre, que ce soit avec vos amis, votre mère ou même avec la caissière du supermarché. Ces conversations sont toujours très agréables et vous donnent l’occasion de renforcer les liens avec votre entourage. L’étude faite par Van Boven, Gilovich et leurs pairs, démontre que les gens apprécient davantage les conversations axées sur les expériences que sur les biens matériels. Finalement, il a été prouvé que le simple fait d’en parler permet à la personne qui les a vécues de les chérir encore plus.

Les expériences forgent notre identité

« Nous sommes la somme de nos expériences » dit-on. Il n’y a rien de plus vrai! C’est le souvenir de toutes nos expériences qui influence notre comportement de tous les jours. Il serait facile de dire que contrairement aux expériences, les objets perdurent dans le temps et donc offrent une satisfaction à plus long terme. En vérité, c’est tout le contraire ! L’étude de Van Boven et Gilovich soutient l’idée selon laquelle la satisfaction procurée par l’acquisition d’un bien matériel tend à décroître au fil du temps. Contrairement à l’expérience, qui elle, habite notre mémoire et continue de nous apporter du bonheur tout au long de notre vie.

Diane Dufresne chantait : « Un souvenir heureux est plus vrai bien souvent que le bonheur (…) Il faut l’entretenir comme une abeille ».

On ne saurait mieux dire. Certains souvenirs en viennent même à se cristalliser tant ils marquent notre évolution. Ils sont souvent les seuls vestiges d’une époque ou d’une relation passée. La seule chose qu’il vous reste de quelques moments qui furent si précieux.

Les expériences sont incomparables

Si vous pouvez comparer le prix d’un voyage fait par deux personnes et constater que l’une d’elles a fait une bien meilleure affaire, vous ne pouvez calculer de la même façon le plaisir que ces voyageurs ont eu durant leur séjour respectif. D’une part, parce que le parcours n’est jamais tout fait le même mais, également, parce que peu importe la valeur monétaire du voyage, le bonheur que les gens en retirent est personnel à chacun et dépend d’un grand nombre de facteurs. C’est ce que conclut Van Boven dans l’une de ses études (2005) qui soutient que les expériences ne se comparent pas de la même façon que les biens matériels. Ces derniers peuvent être plus facilement mis en parallèle et appréciés selon des caractéristiques bien définies. Les expériences, elles, sont jugées tout autrement avec des critères largement plus subjectifs.

En fait, les études suggèrent que la satisfaction ressentie face à un objet dépend de la valeur que les gens attribuent à cet objet comparativement à un autre. En d’autres termes, vous évaluez vos avoirs par rapport à ceux de vos semblables ou à ce que vous n’êtes pas en mesure de vous offrir. En revanche, l’expérience tend à être considérée selon ses propres barèmes. Elle est moins sujette à subir une dépréciation lorsque comparée à une expérience similaire. Pourquoi? Parce qu’elle vous appartient. C’est votre histoire. Elle est unique. Elle n’a donc pas de prix.

Alors… sofa ou voyage?


Références :
Journal of Personality and Social Psychology

Journal of Consumer Psychology


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